Atelier d’échanges scientifiques

Des membres du comité de pilotage scientifique de la chaire Espace ont rencontré, le 7 novembre dernier, dans les locaux de l’Ecole normale supérieure à Paris, les post-doctorantes et le doctorant de la chaire Espace pour discuter de l’avancée de leurs projets de recherche. 

Dans le cadre de l’axe 1 de recherche (usages et représentations de l’Espace), Fanny Valeyre étudie notre relation aux techniques spatiales en croisant philosophie des techniques (réflexion sur les critères d’une « techno-esthétique » initiée par Simondon), philosophie de la « nature » (recherches relatives à la phúsis, ‘nature’ en grec ancien), et l’étude de la science-fiction.

Fanny Valeyre : «Plusieurs questions m’ont été posées sur la notion d’« insertion » des techniques dans le monde naturel et dans le monde humain (que Simondon identifie comme un critère de « beauté » des objets techniques). L’insertion correspond à un rapport de précaution et d’attention au monde, aux humains, aux vivants, à travers les techniques (à l’encontre d’une conception technocratique ou d’un rapport d’appropriation ou de domination). Ces contributions m’encouragent à mieux mettre en évidence la signification de la notion d’insertion ainsi que sa portée critique».

Dans le cadre de l’axe 2 (l’Espace comme bien commun), Camille Ternier questionne l’espace vu comme bien commun. Elle propose une cartographie des arguments philosophiques au cœur des justifications juridiques et politiques qui font de l’Espace et de ses ressources des biens appropriables par des organisations privées, ou au contraire, qui les destinent à une gouvernance commune. 

Camille Ternier : «Deux questions m’ont marquée. La première portait sur les chasseurs de météorites qui récupèrent les météorites tombées sur terre pour les revendre. Devrait-on trouver moralement acceptables – c’est à dire légitimes – ce genre de pratiques ? Dans quels cas une telle pratique nous semble intuitivement problématique ? Il s’agit à mon avis d’un cas intéressant d’usage commercial des ressources spatiales, qui vient questionner nos intuitions morales sur «Ce que l’argent ne saurait acheter» (pour reprendre le titre de l’ouvrage de Michael Sandel sur les limites morales du marché). La seconde questionnait notre perception de l’Espace, comme un ailleurs, comme un domaine qui ne serait nullement le prolongement de la Terre. Or, on pourrait au contraire revaloriser l’idée d’une continuité Terre-Espace, autrement dit remettre en cause la distinction entre ces deux éléments. J’avoue avoir trouvé cette perspective fascinante».

Timothée Cabos mène sa thèse dans le cadre de l’axe 3 (usages durables de l’Espace) en interrogeant les choix méthodologiques derrière la collecte des données satellites et leur éventuel impact sur des situations d’injustices épistémiques.

Timothée Cabos : «J’ai été encouragé à creuser plusieurs pistes, notamment la place occupée par la question de l’adaptation des populations dans les programmes de recherche (à quel point il s’agit d’une considération prioritaire versus d’autres considérations — d’ordre épistémique, économique, pratique etc). Dans quelle mesure les différentes populations peuvent s’approprier les connaissances scientifiques afin de mieux faire face à l’impact du changement climatique (est-ce qu’il existe des climats mieux compris que d’autres, si oui, lesquels, pourquoi etc. — influence de la colonisation, de la guerre froide …)».

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